3.07.2016

Conversation dans le skytrain de Bangkok

http://www.lilikus.be/2016/03/conversation-dans-le-skytrain-de-bangkok.html

Mes premiers jours à Bangkok furent plus qu'incroyables alors j'ai eu envie de vous les raconter.

Pour commencer, je devais retrouver mon hôte de couchsurfing. On avait convenu qu'il m'attendrait dans une station de métro à quelques arrêts de l'aéroport (trop sympa de venir me chercher). J'arrive emmitouflée et enrhumée (limite grippée), et quand je sors du skytrain dans lequel souffle la clim, la chaleur est presqu'intenable. Dès mon arrivée à l'appart, je troque direct doudoune et pull à capuche contre t-shirt et short (je guérirai vite !). Un peu crevée, on décide quand même de bouger pour visiter la ville. Mon hôte m'emmène dans les centres commerciaux gigantesques du Siam. Incroyable le contraste entre ce quartier ultra moderne et chic et les quartiers plus pauvres dans lesquels des câbles électriques pendent de partout dans les rues. Déjà, j'adore, je me sens bien à Bangkok. J'aime cette atmosphère tellement différente de ce que je connais. Malgré tout, c'est très bruyant, ça pue, il y a du monde partout et tout le temps. Il faut s'habituer au rythme effréné de la ville. Mais je m'y fais rapidement. Mek (mon hôte) m'apprend à lire le plan de skytrain et à me servir de la machine à ticket. On prend aussi le bus. Un bus avec un sol en bois. La plupart du temps les bus sont bondés. Les fenêtres sont ouvertes, il fait chaud. Ça fait du bien quand il roule, on dirait qu'il fait plus frais. Dans l'un des bus, une place assise est vacante. Je m'abaisse pour m'asseoir quand soudain deux femmes me retiennent (assez brusquement) par le bras. Mes fesses n'ont donc pas le temps de toucher le siège en skaï rouge qu'elles m'expulsent en hurlant 'no woman no woman'. Je ne comprends rien de ce qui m'arrive et je me sens soudain extrêmement mal. Ça y est, premier jour en Thaïlande et je commets un incident apparemment très grave. Ce que je ne savais pas, c'est qu'un jeune Monk occupait le siège d'à côté et que les Monk ne peuvent pas être en contact avec les femmes. S'asseoir dans un bus à côté d'un Monk est interdit. On sort du bus, je suis un peu sonnée et vraiment désolée. Mek me rassure et me dit que ce n'est pas grave, que je ne pouvais pas savoir. Pfiou, ça commence bien !

En rentrant à l'appart, Mek m'annonce qu'il me laisse son appartement pour moi toute seule. Il dormira chez sa mère. Il me tend les clés. Voilà, elles sont à toi maintenant. Dingue, j'ai jamais vécu ça en couchsurfing ! Trop cool, en plus il y a une piscine pour les résidents au rez-de-chaussée. Le lendemain matin, je vais faire un petit plongeon et je m'installe avec un bouquin au bord de la piscine (en hallucinant d'être là - quel bol elle a, cette meuf). Ensuite, Mek vient me chercher pour aller voir le café-tricot dont il m'avait parlé la veille. Il y a un café tricot à Bangkok, vous le croyez ? J'hallucine encore en arrivant dans ce lieu ultra cute. Totalement le genre d'endroit que j'affectionne. J'y passe toute l'après-midi à papoter avec un groupe d'expat françaises en train de crocheter. Mek me laisse, il voit bien que je suis dans mon élément et lui c'est pas trop son truc, de crocheter des amigurumi. Après le tricot, je prends un taxi avec l'une des expat françaises qui nous dépose au skytrain. De là, je retrouve assez facilement mon chemin. Je me sens comme une thaï qui rentre chez elle (pas besoin de plan, je sais ou je vais). Un sentiment de liberté et de plénitude s'empare de moi. Je fais le point dans ma tête en sortant du skytrain direction l'appartement. Ces deux premières journées étaient absolument parfaites. Rien à rajouter là-dessus.

Et je n'étais pas au bout de mes surprises.

Je débarque à l'appart, je rassemble mes affaires, je vérifie de n'avoir rien oublié, je sors. J'avais convenu avec Mek de laisser les clés chez sa maman. J'arrive devant la maison de sa mère avec mon gros sac à dos et le trousseau de clé. Il y a des gens qui discutent devant. Je cherche la sonnette, je ne trouve pas. Je frappe à la porte. On me regarde bizarrement. Je dis en anglais que je dois déposer les clés. Ils m'indiquent ou sonner (ah ben merci). Je sonne. Personne. Je commence à m'inquiéter. Que vais-je faire de ces clés ? Puis la voisine sort, elle a l'air de connaître la famille, on essaye de communiquer mais elle parle pas un mot d'anglais. Puis enfin la porte s'ouvre et je rend les clés à la maman (je suppose, parce qu'elle n'a pas dit grand chose).

Je reprends la route vers le skytrain. Il y a une grande rue à traverser. Avec mon gros sac à dos, je suis un peu ralentie je n'ai pas envie de courir. Pas facile de slalomer entre les voiture et les mobylettes. Le skytrain est blindé, c'est l'heure de pointe. Je suis congelée (ils mettent la clim sur -30°C). Mon rhume ne guérira jamais si je me tape constamment des écarts de température pareils. Arrivée à la station que Mek m'avait indiquée pour faire le changement puis prendre un taxi vers mon auberge, je demande à deux jeunes Thaï si je suis dans la bonne direction. Elles n'ont pas l'air de savoir. Ça a l'air compliqué. Puis elles me demandent ma destination. Alors j'explique que je dois rejoindre la Khao San Road, que mon auberge se trouve tout près. Elles me regardent de travers 'mais que vas-tu fais là-bas à la Khao San Road ?'. Visiblement, ce n'est pas un endroit qu'elles trouvent recommandable. Elles me proposent de les suivre, elles vont dans la même direction. On s'installe dans le skytrain, et l'une d'elles me demande l'adresse exacte de mon auberge. Je lui dis que je ne sais pas et que je n'ai pas de connexion internet donc je ne peux pas vérifier (mais je trouverai bien). Elle me fait des grands yeux, puis 't'inquiète, j'ai internet je vais regarder'. Ensuite elle insiste pour téléphoner à l'auberge pour demander l'adresse. Ça ne répond pas. J'en reviens pas qu'elle prenne ce truc aussi à cœur. Puis on discute, j'apprends qu'elles sont collègues, qu'elles rentrent du travail. Elles me disent leur prénoms, je répète avec une horrible prononciation et elles rigolent. L'une d'elles me demandent 'mais tu n'es pas seule, tout de même, en Thaïlande ?' 'si, je voyage seule'. Re-gros yeux : 'mais tu es folle, ce n'est pas safe pour une fille seule comme toi. En plus tu es jolie'. 'Euh bah j'ai déjà pas mal voyagé seule et j'aime ça puis je n'ai pas peur' 'Et tu ne te sens pas seule, parfois ?'. 'Bah non, je me fais tout le temps des amis, la preuve, je suis en train de vous parler' et un sourire se dessine sur leurs visages. Ce jour-là je me suis dit que j'avais peut-être bousculé quelques certitudes. Elles ont négocié un taxi pour moi à la sortie du skytrain. Et voilà, j'étais partie direction mon auberge.

Le taxi arrive dans la zone de l'auberge mais il ne la trouve pas. Le taximan ne parle pas un mot d'anglais. Elles avaient tout négocié en Thaï, le prix, l'adresse, tout le toutim. On tourne pendant pas mal de temps, je commence à m'inquiéter. Je lui suggère de s'arrêter et de demander mais il ne comprend rien à ce que je lui dis. Après 10 minutes à tourner en rond, il finit par sortir de son taxi et demande son chemin. Il m'emmène dans une rue toute petite et toute sombre. Je commence sérieusement à douter. Il s'arrête et il me fait comprendre que c'est là, sur la gauche. Euh, quoi ? Je lui dit d'attendre une minutes, je sors du taxi et demande à deux personnes dans la rue si mon auberge est bien dans le coin. L'homme (une septantaine d'années) me dit 'oui oui, je peux te montrer, c'est au coin de la rue'. Bon, ok, je prends mon sac, je paye le taxi et je suis le bonhomme. On discute, il me dit qu'il vit ici, qu'il est boudhiste, il vient de Nouvelle-Zélande 'oh, j'adore la Nouvelle-Zélande, j'y suis allée l'année passée', il me lance 'you look like a real traveler, Alice' (sourire intérieur immense). On arrive devant l'auberge, ouf, c'est le bon endroit. Je remercie, il s'en va. Puis il se retourne 'oh, si tu veux, je pars au marché acheter des légumes, tu veux m'accompagner ?'. Crevée de cette journée, je remercie encore mais non, j'ai besoin d'une bonne douche et puis j'attends mon amie Jeanne. 

A l'auberge, j'installe mes affaires dans ma chambre puis je fonce dans la salle commune pour capter du wifi. Je sympathise avec un allemand. Il voyage seul, lui aussi. Il a visité le Sud, il part bientôt pour le Nord, il sait pas encore trop. Il voyage longtemps, il a le temps. Il fera le Cambodge, le Laos par la suite. Je l'envie. On bouge pour manger une noodle soup dans une petit resto dans la rue puis quand on rejoint l'auberge, Jeanne est arrivée. Trop contentes de nous retrouver, ça fait un an qu'on ne s'est plus vues ! On sort fêter ça à la Khao San Road.

Dingue toute cette journée, ces rencontres, ce début de voyage qui commence sur les chapeaux de roues. Trop de love en un coup. Et puis la suite du voyage je vous raconte pas (bah si justement je vous raconterai).

Et toi, il t'arrive des trucs de ouf en voyage ?

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2 commentaires:

  1. Quel super chouette article! J'ai adoré le lire. C'est toutes ces petites choses qui sont mémorables! Ces rencontres, ces détails et ces hasards. J'en redemande :)

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    1. C'est exactement ça :-) et c'est la raison pour laquelle j'aime voyager <3

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